Epure Works

Modèle v0.2

Vue d'ensemble

Comment les mécaniques du jeu s'enchaînent, et les boucles qui rendent une partie stable ou non.

En clair

Le jeu fait tourner l'économie de 213 pays, un jour à la fois. Pour chacun, il suit ce que le pays produit par rapport à ce qu'il pourrait produire, ses prix, son chômage, le taux de sa banque centrale, le budget et la dette de son État, et la popularité de son gouvernement. Chaque chiffre se dirige vers une cible que donne une étude publiée, à la vitesse que donne la même étude. Le joueur tient trois leviers, les recettes publiques, les dépenses et le taux directeur. Il perd quand son gouvernement tombe.

Ce que fait le noyau, en une page

La structure est celle du petit modèle de projection trimestriel du FMI (Berg, Karam et Laxton 2006) : une demande qui répond au taux d'intérêt réel, une courbe de Phillips, une règle de politique monétaire ; on y ajoute la loi d'Okun, le budget de l'État, sa dette et la popularité du gouvernement. Les auteurs du FMI recommandent eux-mêmes de « commencer simple, puis d'étendre » ; c'est aussi la règle suivie par GeoSim.

Tous les pays tournent en même temps, dans un ordre fixe, un jour à la fois. Le modèle en simule 213 : tous ceux dont une source donne la taille. Les 38 autres sont des territoires sans statistiques (§6).

Chaque variable se dirige vers une cible que donne l'étude, et en franchit chaque jour une part, à la vitesse que donne la même étude. Les études raisonnent en trimestres ou en années ; le passage au jour garde deux choses : la vitesse à laquelle l'écart se referme (une persistance trimestrielle ρ devient ρ1/91,31 par jour) et le point où la variable s'arrête (la cible de long terme, k / (1 − ρ)).

Les pays sans joueur sont pilotés par les règles que la littérature estime : la règle de Taylor pour la banque centrale, une règle budgétaire qui stabilise la dette et répond à son dérapage comme Bohn l'a mesuré. Le pays du joueur garde ses leviers là où le joueur les met.

Les comptes sont tenus en niveaux, pas seulement en ratios, et chaque paiement est écrit deux fois, chez celui qui paie et chez celui qui reçoit (Godley et Lavoie 2007) : c'est ce qui permet de contrôler, chaque jour, que chaque euro dépensé est reçu quelque part.

Le monde bouge, et l'on peut perdre (E13 à E17). Chaque pays subit des chocs de demande et de prix, dimensionnés pour qu'il varie autant que dans les données ; sa popularité répond au pouvoir d'achat ; il vote à la date de son propre calendrier électoral, et un gouvernement battu est remplacé ; une dette qui approche de sa limite fait monter les taux puis fermer les marchés, et le défaut coûte cher ; la crédibilité de la banque centrale se gagne et se perd. Le joueur perd quand son gouvernement tombe : à une élection, ou quand un défaut le renverse.

Chaque équation est écrite entière, même quand l'un de ses termes demande ce que le modèle ne sait pas encore calculer (le change, les transferts, la dette en devises) : ce terme est une inconnue, tenue à une valeur neutre, et listée dans la liste des inconnues.

Ce qui n'y est pas encore, volontairement : le commerce entre pays, le change, la note de crédit, l'hystérèse, le détail des impôts et des dépenses. Ils arrivent un par un, dans l'ordre du §9.

Qui agit sur qui

Ce tableau répond à la question « si je touche à ceci, qu'est-ce qui bouge ? ». Chaque flèche est une équation du §4.

VariableCe qui la fait bougerCe sur quoi elle agitÉquation
Écart de production output_gaple taux réel au-dessus ou au-dessous du taux neutre ; un budget qui vient de changer (impulsion)l'inflation (Phillips), le chômage (Okun), le taux directeur (Taylor), la part de la dépense dans le PIB (stabilisateurs), le PIB nominal donc le ratio de detteE1
PIB potentiel potentialla croissance potentielle du pays, fixele PIB réel et nominal, donc tous les ratios au PIBE2
Anticipations d'inflation (interne)la cible de la banque centrale, la mémoire de l'inflation passée, la crédibilitéle taux réel (demande), la courbe de Phillips, la règle de Taylor, le taux auquel l'État emprunteE3
Inflation sous-jacente inflation (interne)les anticipations, l'écart de productionle niveau des prix, la mémoire de l'inflationE4
Choc de prix (interne)le tirage du jour, qui s'effacele niveau des prix publié, la mémoire de l'inflationE13
Mémoire de l'inflation (interne)l'inflation que les gens voient, chocs comprisles anticipationsE3
Inflation publiée, sur douze moisle niveau des prix d'aujourd'hui et d'il y a un anla popularité, la crédibilité ; c'est le chiffre que voit le joueurE5
Crédibilité credibilityl'inflation publiée, comparée à ce qu'un régime crédible et un régime désancré auraient donnéla part des anticipations posée sur la cibleE17
Chômage unemploymentle chômage d'équilibre du pays, l'écart de productionla popularitéE6
Pouvoir d'achat income_growthle PIB réel, les recettes publiquesla popularitéE14
Taux directeur policy_ratela règle de Taylor (pays sans joueur) ou le joueurle taux réel (demande), le taux auquel l'État emprunteE7
Recettes publiques gov_revenuele joueur (levier) ; l'écart de production pour leur part conjoncturellele solde, l'impulsion budgétaire (demande)E1, E8
Dépenses primaires primary_spendingle joueur (levier), ou la règle budgétaire (pays sans joueur)le solde, l'impulsion budgétaire (demande)E1, E8, E9
Solde primairerecettes, dépenses, écart de production ; plafonné pendant une exclusion des marchésla dette (ses flux), la prime de risqueE8, E10, E16
Dette publique gov_debtles intérêts moins le solde primaire, chaque jour ; la décote d'un défautla prime de risque, la probabilité de défaut, la règle budgétaire, les intérêtsE10, E11, E16
Probabilité de défaut default_probabilityla dette, entre le début de la zone de risque et la limite du paysla prime de risque ; le défaut, certain à la limite, tiré au sort avantE16
Taux apparent de la dette effective_ratele taux de marché, au rythme où la dette se renouvelleles intérêts, donc la detteE10
Popularité popularityle chômage, l'inflation publiée, le pouvoir d'achat, les années au pouvoirle voteE12, E14
Vote (le jour de l'élection)la popularité, la croissance, le nombre de mandats, le tirage du jourle gouvernement : réélu, ou remplacéE15

Ce qui rend la partie stable, ou non

Des boucles se referment dans ce tableau, et ce sont elles qui rendent le système stable ou non.

La boucle monétaire

  1. l'inflation monte
  2. la banque centrale relève son taux plus que l'inflation (Taylor)
  3. le taux réel monte
  4. la demande ralentit
  5. l'inflation redescend

La boucle budgétaire

  1. la dette monte
  2. le gouvernement sans joueur resserre son budget (Bohn)
  3. le solde s'améliore
  4. la dette redescend

Le resserrement pèse un temps sur la demande (impulsion négative).

La boucle de la dette

  1. la dette monte
  2. la prime de risque monte
  3. les intérêts montent
  4. la dette monte encore

Près de la limite, la probabilité de défaut s'ajoute et la prime s'envole (E16). Le défaut coupe la boucle, au prix d'une décote, de cinq ans hors des marchés et d'une croissance plus faible.

La boucle de la crédibilité

  1. l'inflation s'écarte de la cible
  2. la crédibilité baisse
  3. les anticipations suivent davantage l'inflation passée
  4. l'inflation devient plus persistante

Elle ne se referme que si l'inflation revient assez vite vers la cible (E17).

La boucle électorale

  1. l'économie
  2. la popularité
  3. le vote

Un gouvernement battu est remplacé, et le suivant est jugé sur l'économie dont il hérite (E12, E15).