Epure Works

Modèle v0.2

Chômage

Quand l'économie produit plus que son potentiel, les entreprises embauchent. Quand elle produit moins, elles licencient. Cette page couvre l'équation E6.

Dans la partie

Le chômage est publié chaque mois dans le tableau de bord. Il pèse sur la popularité, qui perd 0,6 point pour chaque point de chômage en plus depuis l'arrivée du gouvernement (E12). Aucun ordre ne le fixe, il suit l'activité. En France, monter les dépenses de deux points fait baisser le chômage de 0,50 point au bout d'un an (§7.3).

Les bases

Le taux de chômage est la part des personnes qui cherchent un emploi sans en trouver, parmi toutes celles qui travaillent ou veulent travailler.

Il n'est jamais nul, même quand tout va bien. Il y a toujours des gens entre deux emplois, et des métiers qui recrutent sans trouver. Le niveau où il se stabilise quand l'économie tourne à son rythme normal s'appelle le chômage d'équilibre. Chaque pays a le sien, qui dépend de son marché du travail.

Quand l'activité accélère, les entreprises embauchent et le chômage descend sous ce niveau. Quand elle ralentit, il remonte au-dessus. L'économiste Arthur Okun a mesuré cette relation dans les années 1960, d'où son nom de loi d'Okun. Elle n'a pas la même force partout. En Espagne, le chômage réagit fortement à l'activité. Au Japon, il bouge peu.

E6. La loi d'Okun

En clair

Le chômage se dirige vers une cible. Cette cible vaut le chômage d'équilibre du pays, moins une fraction de l'écart de production. La fraction s'appelle le coefficient d'Okun. Elle vaut 0,39 dans un pays avancé, et le modèle utilise la valeur propre du pays quand une étude la publie. Le chômage ne suit pas du jour au lendemain. Il fait la moitié du chemin vers sa cible en 97 jours. Il ne descend jamais sous 0,1 %, le taux le plus bas jamais mesuré.

Prenons la France, avec un chômage d'équilibre de 7,5 % et un coefficient d'Okun de 0,315. Si l'économie tourne 2 % au-dessus de son potentiel, la cible du chômage devient 7,5 − 0,315 × 2 = 6,87 %. Le chômage mettra environ trois mois pour faire la moitié du chemin. La même surchauffe en Espagne, où le coefficient vaut 0,934, ferait descendre la cible à 5,63 %.

Dans la formule :

SymboleCe que c'estFrance
\(u\)le chômage du jour
\(u^{**}\)le chômage d'équilibre du pays7,5 %
\(u^{*}\)la cible du jour6,87 %
\(\beta\)le coefficient d'Okun0,315
\(\tilde y\)l'écart de production (E1)+2
\(u_{\min}\)le plancher0,1 %
\(s_u\)la part de l'écart refermée chaque jour
Voir la formule complète et ses sourcesLa forme exacte au pas d'un jour, chaque paramètre avec sa source, et ce que l'équation laisse de côté.
$$u^{*}_t = \max\big(u^{**} - \beta\,\tilde y_t,\;u_{\min}\big), \qquad u_{t+1} = u_t + s_u\,(u^{*}_t-u_t), \quad s_u = 1-0{,}52^{1/91{,}31}$$
ParamètreValeurStatutSource
okun_coefficient β0,39 / 0,20 / 0,17 ; par pays quand l'étude le publie
étude
Ball, Furceri, Leigh et Loungani 2019, figure 1 : 0,39 (29 avancés), 0,20 (42 en développement). Bas revenu : aucun pays dans leur échantillon ; An, Bluedorn et Ciminelli 2021 : 0,17 pour 57 émergents et en développement
valeurs par pays25 pays, de 0,015 (Chine) à 0,934 (Espagne)
étude
Ball et al. 2019, tableau 1, 1980-2015 : France 0,315, États-Unis 0,518, Allemagne 0,370, Japon 0,171, Royaume-Uni 0,417, Italie 0,334, Canada 0,440, Brésil 0,241, Mexique 0,190, Pologne 0,667, Turquie 0,100… (liste complète : parameters.COUNTRIES). Chine et Indonésie ne sont pas significatifs : leur chômage mesuré ne suit presque pas le cycle
unemployment_persistence0,52 par trimestre
calcul
noyau exponentiel ajusté aux retards américains de Ball, Leigh et Loungani 2017 (−0,251, −0,133, −0,122, soit 50, 26 et 24 %) : décroissance de 0,50 à 0,53 par trimestre (demi-vie : 97 jours)
unemployment_floor u_min0,1 %
choix
le plus bas taux jamais mesuré (Qatar, 0,10 %, Banque mondiale, données de l'OIT)

Pourquoi. Quand la production dépasse son potentiel, les entreprises embauchent. Le coefficient est plus faible dans les pays en développement, où l'on passe de l'emploi formel à l'emploi informel plutôt qu'au chômage (An et al. 2021). Le plancher : la loi est estimée dans des pays où le chômage d'équilibre vaut plusieurs points ; appliquée au Qatar (0,5 %), elle ferait passer le chômage sous zéro. Ce que ça simplifie : pas d'hystérèse (un chômage durable ne relève pas le chômage d'équilibre ; Ball et Onken 2021 la mesurent, §9).