Le calibrage
D'où viennent les valeurs de départ. Chaque pays commence la partie tel que les données le montrent.
En clair
La partie commence le 1er janvier 2025, avec chaque pays tel que les données le montrent en 2024. Cela vaut pour sa croissance, son inflation, son chômage, son budget, sa dette, le taux de sa banque centrale et son calendrier électoral. Chaque chiffre a une première source, puis une source de repli. Quand aucune ne répond, le pays prend la médiane de son groupe.
D'où vient chaque chiffre de départ
Le modèle part des données de la Banque mondiale et du FMI. L'année de départ est 2024 ; la partie commence le 1er janvier 2025.
| Grandeur | Première source | Puis | Nombre de pays par source (213) |
|---|---|---|---|
| population, PIB en dollars | Banque mondiale | FMI (Taïwan) | 212 + 1 ; 210 + 3 |
| croissance potentielle g* | FMI, projection moyenne 2029-2030 | Banque mondiale, médiane 2010-2019 | 189, 23, 1 par le repli |
| chômage d'équilibre u** | FMI, projection 2029-2030 | Banque mondiale, médiane 2015-2024 | 102, 88, 1 ; 22 par le repli |
| cible d'inflation π̄ | FMI, projection 2029-2030, gardée entre 1 et 10 % | Banque mondiale, médiane 2010-2019 ; sinon 2 % (avancés) ou 5 % | 189, 11 ; 13 par défaut |
| inflation de départ | FMI, décembre sur décembre 2024 | Banque mondiale, puis FMI, moyenne annuelle | 194 + 1 ; 18 par le repli |
| chômage de départ | Banque mondiale, 2024 ou l'année connue la plus proche | FMI | 184 + 7 |
| taux directeur de départ (E7) | BRI, décembre 2024 (fiche) | la règle de Taylor | 58 pays, zone euro comprise ; 155 par la règle |
| dette, recettes, soldes publics | FMI, administrations publiques | Banque mondiale, administration centrale | 191 à 195 par le FMI |
| taux apparent de la dette | (solde primaire − solde global) / dette, entre 0 et 25 % | — | calcul |
| groupe (avancés, émergents, bas revenu) | groupe de revenu de la Banque mondiale (élevé ; intermédiaire ; faible) | Taïwan, par son PIB par habitant | 84, 106, 23 |
| volatilité de la croissance et de l'inflation (E13) | Banque mondiale, 2000-2019, écart-type robuste | FMI | 208 + 2 et 186 + 11 ; 3 et 16 par le repli |
| croissance de la population | Banque mondiale, médiane 2015-2024 | FMI | pour afficher le pouvoir d'achat par habitant |
| calendrier électoral (E15) | Wikidata, CC0 (fiche) | — | 223 pays de la carte ; 207 des 213 pays simulés votent, les 6 autres jamais |
| limite de dette (E16) | Ghosh et al. 2013, tableau 3 | la médiane du groupe | 19 pays avancés |
Le repli : quand aucune source ne donne une valeur, le pays prend la médiane de son groupe. Ce sont surtout de petits territoires.
Pourquoi l'inflation de décembre sur décembre. C'est le taux sur douze mois que publie l'institut statistique en janvier, et le rythme auquel les prix montent ce jour-là. La moyenne de l'année retarde sur une désinflation rapide : l'Argentine a eu 220 % en moyenne en 2024, 118 % de décembre à décembre ; et un taux directeur de décembre ne s'accorde qu'avec l'inflation de décembre. Donnée du FMI, elle reste dans le cache local, avec le repli sur la moyenne annuelle de la Banque mondiale.
Pourquoi les projections du FMI pour 2029-2030. Une projection à cinq ans suppose, par construction, l'écart de production refermé et l'inflation revenue à la cible : c'est exactement ce qu'on appelle croissance potentielle, chômage d'équilibre et cible. La médiane 2010-2019 est un moins bon substitut : elle mettait le chômage d'équilibre de la France à 9,6 %, encore marqué par la crise de l'euro, quand la projection du FMI le met à 7,5 % ; la médiane 2015-2024 le ramène à 7,5.
Les 38 pays hors économie : des territoires sans statistiques propres (Åland, l'Antarctique, Anguilla, Gibraltar, les îles Pitcairn, Niue, le Vatican…), des territoires disputés ou non reconnus (Somaliland, Sahara occidental, Chypre du Nord, glacier de Siachen, îles Spratleys), des bases (Guantánamo, Akrotiri et Dhekelia, Baïkonour), et la Corée du Nord et l'Érythrée, que ni la Banque mondiale ni le FMI ne publient. Ce qu'ils deviennent reste à décider.
Les valeurs propres à un pays qui viennent d'une étude sont les 25 coefficients d'Okun (Ball et al. 2019) et les 19 limites de dette (Ghosh et al. 2013) ; tout le reste des paramètres est par groupe (§4). La taille des chocs, elle, est propre à chaque pays, mais calculée sur ses données (E13).
Les pays hors domaine. Deux pays sont simulés et montrés comme les autres, mais leurs échecs aux contrôles sont rapportés à part, avec leur raison : Macao, dont le déficit primaire de 37 points de PIB au départ est payé par ses réserves, que le modèle, qui ne connaît que la dette brute, ne voit pas ; et le Zimbabwe, qui part de 687 % d'inflation, au-delà de la borne de l'hyperinflation. Un pays de la liste qui cesse d'échouer fait échouer le contrôle : la liste ne peut pas survivre à sa raison. Le Timor-Leste, un temps listé pour la même raison que Macao, en est sorti ainsi ; le Soudan aussi, le 23 septembre 2026 : en défaut de fait au départ (263 % du PIB d'arriérés, 2,9 % du PIB de recettes), il ne sortait pas de ses défauts successifs, et en sort depuis que la transmission monétaire a été corrigée (E1).